larkin grimm parplar

Les relations entre les êtres humains prennent parfois des chemins sinueux; c'est vrai dans la vie de tous les jours bien sûr, mais ça peut aussi être vrai de la relation qu'un fan entretient avec un artiste. Ainsi de Larkin Grimm, dont le nouvel album (le troisième) ne pouvait pas mieux tomber.

Mais reprenons au début. Il y a un peu plus de trois ans, une amie vivant aux Etats-Unis me demanda si je pouvais trouver une date à Paris pour une chanteuse de folk nommée Larkin Grimm. Je n'ai rien pu faire pour elle, mais la chanteuse en question est finalement venu chanter au Pop In en janvier 2006. A l'époque je n'y ai pas prêté beaucoup d'attention: certes ce concert était bien sympathique, mais l'univers porté par mademoiselle Grimm était trop éloigné de mes préoccupations du moment... disons que cette découverte était arrivée soit trop tôt, soit trop tard. Lorsque j'ai vu que ce nouvel album était sorti cependant, je l'ai acheté, ne serait-ce que pour soutenir une artiste que j'avais rencontré. Et j'ai compris à côté de quoi j'étais passé...

Larkin est née à Memphis, dans une communauté religieuse fondée par des hippies, "The Holy Order of MANS". Sa mère était elle-même une chanteuse de folk au style assez proche. Rapidement ses parents partent s'installer en Géorgie, où elle grandit, puis arrivée à l'âge adulte elle voyage en Thaïlande, au Guatemala et surtout en Alaska, où elle est initiée au chamanisme. A l'université de Yale elle collabore avec les Dirty Projectors, groupe culte dont a également fait partie Ezra Koenig de Vampire Weekend. Assez bizarrement, elle devient une fan invétérée des Swans, dont le leader Michael Gira est le producteur de Parplar, d'ailleurs sorti sur son label Young God Records. Elle est également très proche du milieu écologiste radical américain.

Toutes ces pérégrinations permettent de comprendre la singularité de son univers. En héritière de la tradition hippie dans laquelle elle a été élevée, celui-ci est profondément imprégné d'un psychédélisme tribal issu des religions primitives, en particulier les légendes des indiens d'amérique du nord. En écoutant sa musique on ne peut s'empêcher de penser aux paysages sauvages de cette amérique fantasmée, et de les voir comme les verrait un vieux sorcier en pleine transe au peyotl...

The Last Tree: 



Krishna: